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Edito : La Juventus et les jeunes, le monopole incontesté !

Edito : La Juventus et les jeunes, le monopole incontesté !

Il ya deux manières de faire le marché. Il ya le court terme en investissant pour obtenir des résultats immédiats, en se concentrant sur des joueurs déjà confirmés et ayant fait leurs preuves auparavant et qui sont donc prêts immédiatement à donner satisfaction. Il ya aussi les projets à long terme, moulés sur des jeunes prometteurs avec une certaine marge de progression. Et puis, il ya la Juventus de Turin, le seul club en Italie en mesure de suivre les deux stratégies en même temps.

 

La vieille dame vient de recruter le jeune milieu de terrain du Genoa Rolando Mandragora, l'un des plus grands espoirs du football Italien, qui restera en prêt à Pescara (Serie B) jusqu'à la fin de saison, a annoncé le club Turinois mardi. Ce jeune prometteur est en fait le dernier d'une longue lignée que la vecchia signora a su chiper à la concurrence. Le terme arraché est assez fort, mais donne une bonne idée de la détermination de Marotta, le directeur sportif du club vice-champion d‘Europe et de ses hommes de continuer à suivre la voie tracée depuis quelques années: là où il ya du potentiel, en Italie, la Juventus est en première ligne. L'idée est née sur un concept très simple: investir sur les jeunes, d'une manière ou d'une autre, cela finit toujours par payer. Que ce soit économiquement ou techniquement, il est difficile de voir la Juve rester les mains vides. Dans le pire des cas, le club les vend avec un impact minimal sur le budget; au mieux, la società de Corso Galileo Ferraris réalise une prévalue intéressante ou se retrouve avec un joker de luxe comme l’exemple de Sturaro. Au cours des cinq dernières saisons, la Juventus a acheté pas moins de treize joueurs ayant moins de 21 ans sur le marché domestique, sur lequel sa domination reste incontestée. Un contingent dans lequel ne sont pas pris en compte des éléments ayant été formés au bercail puis repris avoir été prêtés, ainsi que les mouvements liés aux équipes de jeunes ou aux achats à l’étranger. Les autres grandes formations du championnat en sont à 18 en additionnant pas moins de six clubs.

 

 

En allant fouiller sur les noms de ces treize Under 21 de la Juventus, il y’en a pour tous les goûts. Difficile d’en faire autrement puisqu’il s’agit souvent de gamins. Certains d’entre eux n’ont même jamais porté le maillot de la Juventus comme par exemple Goldaniga, utilisé comme une contre partie technique lors du recrutement de Dybala ou encore Gabbiadini (actuellement au Napoli), cas emblématique d’un patrimoine plus économique que technique. Le meilleur exemple de cette politique réfléchie se trouve du côté de Sassuolo avec les cas de Zaza et Berardi: aujourd'hui, le premier est une alternative valable à l'attaque de Massimiliano Allegri, le second, un futur crack de la Juventus du fait que celle-ci détient la priorité sur l’option d’achat (pour 18 millions €) au cas où elle voudrait le récupérer dès l'été prochain. Si les noms des Masi, Boakye, Buchel et Fiorillo n’ont laissé leur marque ni financièrement, ni sur le rectangle vert. Les cas de Rugani et Sturaro sont particuliers. Tous deux ont été bloqués au début par la Juve, évalués, puis finalement insérés dans l'équipe dès que le club a jugé qu’ils étaient prêts. Sturaro n’a eu besoin que de six mois pour s’affirmer, Rugani a lui pu grandir plus calmement. Pour parler toujours des opérations officielles, sans prendre en compte les copropriétés avec d’autres formations. Sassuolo en premier lieu: Sur Sensi et Trotta, les deux dernières perles sur lesquels a mis les mains Squinzi, le président du club Emilien, les Bianconeri auront la priorité en cas de vente.

 

Et les autres? La tendance est plus ou moins similaire: d’El Shaarawy à Icardi, de Destro à Hysaj, lorsque les clubs transalpins investissent sur des Under 21, c’est en général pour qu’ils fassent partie de la première équipe. Pas de stratégies particulières donc, il s’agit de recrutements normaux qui doivent, si possible, immédiatement porter leurs fruits. Mais il ne peut pas en être autrement, d’autant qu’en 2016 en Serie A, la Juventus est la seule équipe Italienne en mesure de réaliser un tel programme, une sorte de marché parallèle: recruter afin de gagner aujourd'hui et pour continuer à le faire demain. Le fruit d’une stratégie décidée il ya quelques années, au moment opportun. La victoire du premier Scudetto de l’ère Conte a marqué un véritable tournant pour la Juve. Le leadership technique de l’exercice 2011/2012 s’est au cours des saisons suivantes consolidé par une croissance économique que personne en Italie, a réussi à émuler durant ce dernier quinquennat.

 

Le Milan AC, l’Inter, la Roma et Naples se trouvent dans une situation similaire: devoir dépenser afin de combler le gap tout en ayant une marge d'erreur minimum parce que les ressources sont limitées. La Juventus, déjà avantagée économiquement en plus de posséder son propre stade (la seule au pays de la dolce vita dans ce cas là) est en mesure de dépenser pour poursuivre son cavalier seul en Italie et surtout pour continuer à grandir pour concurrencer les mastodontes du vieux continent. Aujourd'hui, il est facile pour la Juventus d’investir avec le cœur léger. Il ya quelques années, ce n’était évidemment pas le cas. Le courage et la force des idées ont conduit la vieille dame là où elle en est maintenant. Des valeurs à la portée de tout le monde.

 

Paolo Hamidouche’ (@Paolino_84)

Photos: Gettyimages

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