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LIGUE 1 (J25) - OM 1-2 PSG : classique comme Paris

LIGUE 1 (J25) - OM 1-2 PSG : classique comme Paris

A l’issue d’une rencontre plaisante, le PSG a conforté son avance en tête du championnat en s’imposant au Vélodrome (1-2). S’ils ont rapidement été menés, les marseillais ont réagi et ont affiché un visage conquérant, à l’image du match aller. Mais une feinte chirurgicale de Di Maria a donné un avantage définitif à Paris, plus que jamais maître de la Ligue 1.

 

Oui, la Ligue 1 peut régaler

 

Au-delà de toutes les considérations et débats sur le terme, ce « clasico » entre l’OM et le PSG nous a réconciliés avec la Ligue 1. Si on était, encore très loin, n’en déplaise à Jean-Michel Aulas, de l’intensité d’un Real-Barça, les deux équipes nous ont offert un spectacle de qualité. Pourtant, au vu de l’écart abyssal entre les rivaux et les difficultés de l’OM à domicile, nombreux étaient ceux qui présageaient la même issue que le choc espagnol de novembre dernier (0-4). 90 minutes après ce classique, rien de tout ça. A l’image du match aller, ce Marseille-Paris disputé dans un Vélodrome à guichets fermés a débouché sur une rencontre serrée et débridée. 5 fautes seulement à l’issue des 45 premières minutes, du jeu, des centres, des décalages. Un seul carton jaune distribué par Ruddy Buquet, c’est à signaler dans un weekend marqué par une vague d’expulsions (9 en tout). Et, bien évidemment, des buts. Lancé dans un boulevard sur la gauche, Maxwell a envoyé un centre millimétré, hors de portée de Mandanda, et repris victorieusement par Ibrahimovic à bout portant (0-1, 2e). Cabella a enflammé le Vélodrome sur un rush depuis la gauche. Sa frappe à 20 mètres des buts a trompé un Kevin Trapp pas exempt de tout reproche (1-1, 26e). Enfin, après l’orage, le géant suédois s’est transformé un passeur en servant Di Maria dans la surface. L’argentin a mystifié Dja Djédjé et ajusté Mandanda sur sa gauche pour donner un avantage définitif aux parisiens (1-2, 71e). Des buts, il ne fallait pas s’étonner d’en avoir. Avant ce clasico, un seul 0-0 sur les 20 derniers OM-PSG en championnat était venu noircir le tableau (le 5 mars 2006, lors de « l’exploit des minots »). Habitué à faire tomber des records cette saison, le PSG a réalisé un énième petit exploit, à savoir permettre aux non-abonnés de Canal de voir un but… La petite parenthèse fermée, cette rencontre dominicale a tout de même ravivé la flamme dans un championnat de France critiqué de toutes parts pour l’ennui qu’il suscite. Comment ne pas se souvenir du dernier match diffusé le dimanche soir au Stade Vélodrome, et « crédité » d’un 5.25/20 par les abonnés… (OM-EAG, le 10 janvier).

 

 

Paris bousculé mais vainqueur

 

116 secondes. C’est ce qu’il a fallu à Zlatan Ibrahimovic pour inscrire son 21e but en championnat. Moins de dix minutes plus tard, Di Maria est à deux doigts de tuer le match mais son tir croisé du gauche ne fait qu’effleurer le poteau (11e). Le PSG, qui n’a plus encaissé de but à l’extérieur depuis six déplacements en Ligue 1 et une victoire à Lorient (1-2, 14e J, 21 nov.) déroule. Mais peu à peu, il laisse les olympiens se réveiller. D’abord alerté par une frappe de Barrada, miraculeusement envoyée en tribunes (22e), il est puni par Cabella (1-1, 26e). Si Di Maria a brisé le verrou marseillais et permis à Paris de s’imposer, ce fut non sans accroc que les hommes de Laurent Blanc validaient un neuvième succès consécutif en Ligue 1. Comme à l’aller, l’hyperinfluent Lassana Diarra a gêné un PSG orphelin de Verratti. Les 54% (seulement) de possession témoignent d’une équipe qui a dû procéder sans l’italien, poumon de la maîtrise parisienne quand il s’agit de garder le ballon. Rabiot, son remplaçant, et Motta ont éprouvé des difficultés et ont accumulé les imprécisions. Seul Matuidi, plutôt inspiré, a sorti son épingle du jeu dans le milieu parisien, en étant, entre autres, proche d’être passeur sur le raté de Di Maria.

 

Les grosses occasions, elles, ont été parisiennes : à l’instar des opportunités vendangées par Di Maria et Lucas (11e, 32e), Aurier et Ibrahimovic auraient aussi pu regretter leur manque de lucidité si l’issue n’avait pas été victorieuse. Non trouvé par le premier qui tentait de le servir alors qu’une frappe s’imposait (54e), le second, dans une situation similaire à celle de l’ouverture du score, a dévissé sa reprise (61e). Si la deuxième partie de la première période du match aller a longtemps été considérée comme l’une des pires productions du PSG cette saison, il y a désormais débat. Passes manquées, relances impropres, les parisiens, étouffés par le pressing adverse, ont vécu un quatrième quart d’heure mouvementé. Mais si la possession fut marseillaise au retour des vestiaires (70/30), la défense parisienne pourra être créditée d’une relative solidité puisque exceptés le tir d’Nkoudou (52e) et les centres mal exploités par l’OM (50e, 53e), elle est sortie indemne de ce quart d’heure difficile. Au final, et malgré un déchet technique assez rare hier soir, Paris a de nouveau montré les crocs à 20 minutes de la fin pour valider une 22e victoire en 25 matchs.

 

Auteur d’une prestation poussive à dix jours d’une double confrontation contre Chelsea, Paris a su sortir les griffes pour s’extirper du piège phocéen. Bien qu’avec des « si », le monde entier pourrait être reconstitué, il n’empêche qu’un deuxième but de Di Maria avant le quart d’heure de jeu aurait donné une toute autre tournure à ce clasico. Comme détaillé plus haut, les occasions franches ont été franciliennes tandis que la période de domination olympienne n’a pas pour autant inquiété un PSG qui a pu compter sur un Thiago Silva de gala. Malgré des imprécisions techniques qui ont fait tâche, Di Maria, Matuidi et Ibrahimovic ont accéléré quand il le fallait pour venir à bout d’une valeureuse formation marseillaise.

 

 

Marseille : un (vrai) réveil ?

 

Dans le sillage du match aller, les marseillais ont convaincu hier lors de la réception du Paris Saint Germain. Si la prestation a été séduisante avec des séquences de pressing rappelant les belles heures du passage de Bielsa, l’investissement et la hargne du onze marseillais a séduit. Cependant, les errances défensives ont une nouvelle fois coûté cher. Volontaire offensivement, Brice Dja Djéjé n’a pas été aussi rigoureux à l’arrière. Après avoir laissé partir Maxwell dans son dos dès la 2e minute, il est spectateur d’un Di Maria proche de tuer le match dix minutes plus tard. Dans sa globalité, le rideau marseillais a été bien trop souvent pris à revers. Blaise Matuidi, qui avait parfaitement servi son latéral et le milieu argentin, a été imité par « El Angelito » quand il a fallu lancer Lucas. En alternant jeu court et jeu long, Paris est parvenu à exploiter le moindre espace laissé par son adversaire. Parfois sans parvenir à concrétiser. Impérial depuis des mois, Mandanda a hésité à sortir sur une passe de Di Maria à destination de l’attaquant suédois. Finalement, le portier a décidé de retourner sur sa ligne avant d’être crucifié par l’argentin quelques secondes plus tard. Malgré un but inscrit, Marseille n’a pas profité du début de deuxième période et a dû s’en remettre à un rush de Cabella pour revenir dans le match. La faute à une attaque bien trop timide. Introuvable, Batshuayi n’a pas connu la même réussite qu’au match aller. Son remplaçant arrivé cet hiver, Steven Fletcher, l’a remplacé à dix minutes de la fin. Néanmoins, l’avant-centre belge n’a pas été aidé par la performance de Barrada, placé à sa droite et bien moins remuant que le jeune Nkoudou. Jamais dans le tempo, l’ancien pensionnaire de Getafe a expédié une balle de but en tribunes alors qu’il se trouvait à moins de dix mètres de la cage de Trapp (22e).

 

Mais ne retenir que cela serait réducteur pour un OM qui a affiché un beau visage. En commençant par une sentinelle de qualité. Alignés devant la défense, Diarra et Isla ont été les principaux instigateurs des temps forts marseillais. Le premier, qu’on ne présente plus cette saison, a étalé toute sa palette technique et sa sérénité et a été imité par son compère chilien. Après une entame difficile, le milieu prêté par la Juventus a par ailleurs justifié la volonté de Marcelo Bielsa de le faire venir dans les rangs marseillais. Entre projection vers l’avant et harcèlement du porteur de balle, Mauricio Isla a parfaitement complété la paire avec Lassana Diarra. Un autre hispanophone a tout autant séduit. Arrière droit de formation, Javier Manquillo est replacé à gauche depuis le début de la phase retour et la blessure de Benjamin Mendy. Paolo De Ceglie n’étant pas au niveau, le latéral espagnol fait plus que dépanner et a livré une prestation de qualité, n’hésitant pas non plus à s’illustrer offensivement, rappelant un certain César Azpilicueta. Quant à Cabella, toujours disponible dans l’entrejeu, il a pris ses responsabilités au moment de se lancer dans une course en diagonale et égaliser (26e).

 

 

Quatre mois plus tôt, un papier de la sorte aurait pu être rédigé sur l’Olympique de Marseille. Confiance et ambition étaient alors les maîtres mots d’une formation aux couleurs retrouvées au soir d’une défaite encourageante au Parc (2-1). Quinze journées plus tard et avant ce clasico, l’OM n’avait perdu qu’un match en Ligue 1 (0-1 face à Nice, 13e J). Mais aucune des deux valeurs notées ci-dessus n’animaient un groupe pour le moins prévenu par son public au moment de pénétrer sur la pelouse dimanche soir (cf : « Ne nous faites pas honte »). Un jeu loin de séduire et une incapacité à s’imposer à domicile justifiaient l’impatience d’un Vélodrome qui sonnait creux depuis quelques matchs. Si ne pas reconnaître la bonne prestation olympienne serait malhonnête, s’extasier reviendrait à jouer dangereusement avec le feu comme a pu le montrer le passé récent. A vos risques et périls…

 

Quentin Marais

Photos: Gettyimages

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Pierre 22/04/2016 13:34

Il y avait certes du beau spectacle, mais c’est le résultat qui compte. Le Paris Saint-Germain était déjà bien parti pour devenir le champion de France à ce stade de la compétition.