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David a frappé, Goliath est tombé

David a frappé, Goliath est tombé

Rassurez-vous, cet article n'est pas un remake religieux. Il est question de sport et de football. Ce dimanche, au soir de la 28ème journée, l'ogre Paris SG est tombé au Parc OL. Dans un match d'une rare intensité dans le championnat hexagonal, l'Olympique Lyonnais a donné une leçon de football à des Franciliens en panne totale.

 

I. L'OL, d'une main de maître

 

C'était la cinquième confrontation entre le champion en titre et son dauphin, quatre victoires sereines du PSG et aucune pour l'OL. Les Parisiens se présentent dans le nouvel écrin des Gones avec un statut d'invincible depuis le début de la saison et même au-delà puisqu'ils sont sur une série de 36 matchs sans défaite depuis la saison dernière. Un match a priori facile pour les Parisiens tant les Lyonnais sont affaiblis, Umtiti, Jallet et Grenier suspendus après la débâcle dans le Nord de la semaine passée mais également Tolisso et évidemment Fékir manquent à l'appel. Laurent Blanc et les Parisiens en plein marathon entre la Ligue 1, les Coupes et la Ligue des Champions laissent au repos leur maître à jouer Verratti et Di Maria. Pour réussir l'impossible, Bruno Génésio propose son 4-3-3 habituel avec une charnière centrale inédite Yanga M'biwa-Morel et les deux latéraux Bédimo-Rafael en manque de temps de jeu, Gonalons en sentinelle devant la défense est épaulé par Ferri et Darder, le trio offensif Cornet-Lacazette-Ghezzal sera chargé de dynamiter la meilleure défense du championnat et sa charnière centrale intraitable Silva-Luiz. Laurent Blanc a lui aussi choisi de faire tourner en alignant notamment Stambouli à la place de Matuidi, Rabiot remplace Verratti.

 

D'entrée de match, les Lyonnais s'efforcent de presser haut les Parisiens, comme ils l'avaient fait lors du match de Coupe de la Ligue, ou comme les Stéphanois ou encore les Marseillais l'avaient réalisés en Championnat. Ceci étant certainement la seule solution de mettre à mal la maîtrise technique parisienne. Maîtrise technique bousculée dès le début du match par les Lyonnais qui vont aborder ce match sans retenue avec la ferme intention de poser des problèmes aux Franciliens. La domination est lyonnaise dans le premier quart d'heure et sur un beau changement de jeu de Lacazette, Maxwell Cornet bénéficiant d'un marquage laxiste de Van der Wiel - totalement hors sujet sur le match, coucou Serge - ouvre le score dès la 12ème minute de jeu, le Stade explose, l'exploit semble possible. D'autant plus que les Lyonnais maintiennent la pression sur la cage de Trapp et réussissent certainement leur meilleure première période cette saison. Un formidable mouvement initié par Lacazette, omniprésent dimanche et par Darder fait presque mouche, le une-deux entre les deux hommes pour décaler Ghezzal qui mystifie Thiago Silva d'une subtile feinte de frappe et qui enchaîne par une frappe non cadrée aurait pu être le but de cette 28ème journée. Qu'à cela ne tienne, jusqu'au bout les Lyonnais poussent et les Parisiens qui avaient déjà la tête aux vestiaires vont encaisser un nouveau but. Et quel but ! Sur une phase de conservation de balle de Lacazette, Rafael dédouble et envoie un centre vers Darder, esseulé dans la surface parisienne, même pas peur, l'ancien joueur de Malaga effectue un sombrero sur son contrôle sur Thiago Silva (le meilleur défenseur du monde, rien que ça) avant d'ajuster Kevin Trapp à bout portant, d'une merveille d'extérieur. L'espagnol embrasse ses tatouages, exulte, ses coéquipiers le congratulent, le Parc OL est en fusion, l'exploit est désormais en marche. Les Parisiens rentrent têtes baissées aux vestiaires, mais le plus dur reste à faire pour les Gones.

 

 

Seconde période, Blanc fait rentrer Pastore pour apporter cette grinta qui a manqué aux Parisiens sur la première période. Et ça paie, une passe dans la surface lyonnaise d'El Flaco créée la panique et débouche sur une frappe imparable de Lucas, 2-1 on vient d'atteindre la 50ème minute, et le PSG dès le retour des vestiaires douche les ambitions lyonnaises. Seulement pour un temps, les Lyonnais, devant le Kop Virage Nord, des Bad Gones – auteur d'un magnifique tifo à l'entrée des joueurs et plus que jamais le 12ème homme lyonnais dimanche – vont crânement tenir le résultat en attaquant à outrance et en alliant à merveille phase de possession et contre-attaque. Les actions n'ont pas manqué, Cornet d'abord, virevoltant efface Thiago Silva (décidément dans un mauvais jour) et adresse un centre en retrait à Ferri qui arrive lancé mais qui à la surprise générale ne cadre pas. Ferri encore lui à la baguette sur une contre-attaque centre à ras de terre pour Ghezzal qui prend trop son temps et voit sa frappe repoussée grâce à une bonne sortie de Kévin Trapp, le portier allemand auteur d'une prestation aboutie et très certainement le meilleur Parisien dimanche, c'est dire... Même Zlatan Ibrahimovic, auteur de seulement une frappe dangereuse en première mi-temps et très injuste techniquement passe à coté de son match et ne marquera pas pour la septième fois d'affilée en Ligue 1.

 

S'ensuit une fin de match haletante, tendue mais maîtrisée par les Gones dans un épilogue plus que jamais ouvert où les deux équipes auraient pu égaliser ou corser l'addition. Seulement voilà, le score ne bougera pas, coup de sifflet final, explosion de joie, les Lyonnais se congratulent, se tombent dans les bras, le Parc OL prend feu, on croirait presque que l'OL vient d'être sacré champion de France. Non non, les Lyonnais pointent à 31 points de leur adversaire du soir, mais ces réactions montrent à quel point la suprématie des Parisiens sur la Ligue 1 est importante, la dernière défaite datait de presque un an à Bordeaux. Le record d'invincibilité du FC Nantes de 1995 tient toujours, une soirée riche en émotions.

 

 

Une défaite, et alors ?

 

Alors oui le PSG est tombé, mais concrètement ça change quoi ? A vrai dire pas grand-chose. Paris a toujours 23 points d'avance sur son dauphin Monaco, marche toujours sur la Ligue 1 et pourrait être sacré dès le mois de mars, rien que ça. Cependant cette défaite laisse à réfléchir, à une semaine du match retour de Ligue des Champions à Chelsea, Paris a de quoi douter. En effet, on se rend compte que lorsque les Parisiens sont confrontés à un adversaire véritable, le PSG est en difficulté. Si peu habitué à une réelle concurrence Paris a souffert au moins deux fois en Ligue 1 cette saison, dimanche face à l'OL donc et lors du Classico à Marseille où ils avaient déjà été mit en grande difficulté par le pressing marseillais et ses contre-attaques éclaires.

 

Finalement le PSG est confronté au même problème que son adversaire lyonnais, le manque de concurrence. En effet dans les années 2000 où l'OL marchait sur la Ligue 1, l'absence de concurrents directs a probablement empêché Lyon d'être champion d'Europe malgré une équipe et un effectif parmi les meilleurs du Vieux Continent à l'époque. Paradoxalement cette défaite peut être bénéfique pour les Parisiens avant leur 1/8 de final retour, puisqu'un sacre en Ligue des Champions passe forcément par une concurrence plus présente en Ligue 1. Habitués à battre sans forcer leurs adversaires hebdomadaires, les Parisiens n'ont jamais à élever leur niveau de jeu, de ce fait ils ne sont pas prêts à l'élever en Ligue des Champions quand ils rencontrent les plus grandes écuries européennes.

 

La seule solution serait que le championnat français à l'image de la Premier League deviennent un championnat ouvert, Lyon semble être le seul concurrent crédible dans les années à venir avec son Parc OL et son centre de formation parmi les meilleurs d'Europe. Un éventuel repreneur pour l'OM pourrait permettre au club phocéen de rentrer dans une autre dimension, bien au-delà de leur triste 11ème place actuelle. Enfin Monaco se devra de revoir sa stratégie ou au mieux de la perfectionner pour pouvoir concurrencer Paris d'une autre manière qu'en défendant. A voir donc, mais notre championnat serait forcément gagnant à l'heure où la 5ème place de la France à l'indice UEFA est plus que jamais menacée. In Ligue 1 we trust ! Outre cet aspect de concurrence, on s'est également rendu compte que le banc Parisien n'était peut-être pas assez fourni du moins au niveau européen, avec un Stambouli qui a subi la loi du milieu des Gones ou encore un Van der Wiel, catastrophique, dépassé sur chacune des accélérations lyonnaises qui nous laisse à penser que Laurent Blanc malgré le « Aurier Gate » attend avec impatience le retour de sanction de son latéral Ivoirien.

 

 

Une victoire, et alors ?

 

Côté lyonnais, cette victoire redore le blason des Gones dans une saison décidément pleine de surprises. L'OL alliant très bon comme dimanche ou lors du dernier derby à Gerland mais également le très mauvais, dernier exemple en date, le non-match à Lille la semaine dernière pour ne citer que celui-ci. Alors oui, la victoire est belle, aboutie, permet aux Lyonnais d'enfin remonter sur le podium mais pour combien de temps ?

 

A dix journées de la fin, l'objectif assumé par Lyon depuis le début de la saison : la deuxième place, est à 8 points et se nomme Monaco. Le calendrier de Lyon étant bien plus favorable que celui des Monégasques, qui se déplaceront à Caen, Paris, Lille, Rennes recevront Marseille et enfin se rendront à Lyon au soir de la 37ème journée pour ce qui pourrait être une finale avec à la clé un billet direct pour la Ligue des Champions, on est en droit d'être optimistes du côté des Rhodaniens. Certes les Lyonnais n'ont clairement pas leur destin entre leurs mains, mais il faut y croire, même s'il est vrai qu'une deuxième place ferait office de miracle dans une saison extrêmement mouvementée avec notamment l'éviction d'Hubert Fournier. La saison est laborieuse sur quasi tous les points, mais force est de constater que le club de Jean-Michel Aulas est toujours dans le coup à dix épisodes de l'épilogue de la Ligue 1. Qu'en aurait-il été avec un OL épargné par les blessures et plus précisément par celle de Nabil Fékir ? Cette question aura beau trotter dans la tête des supporters lyonnais, il n'y fera rien le football est ainsi fait d'aléas. Cependant le retour de Fékir pour le déplacement à Montpellier le week-end du 9 avril peut être un motif d'espoir supplémentaire pour l'OL.

 

En tout point cette fin de championnat s'annonce excitante, certes le PSG est quasi déjà sacré, cependant la bagarre pour la deuxième place et les autres qualifications européennes s'annonce passionnante, tout autant que la lutte pour le maintien. Wait and see.

 

Lucas Robelin

Photos: Site officiel OL

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