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Ligue Europa – Jamais deux sans trois pour Seville ?

Ligue Europa – Jamais deux sans trois pour Seville ?

Séville, qui a battu Bilbao aux tirs aux buts en quart de finale de l’Europa League jeudi soir (1-2, 1-2 – 5 t.a.b 4), figure pour la troisième fois consécutive dans le dernier carré de la C3. Vainqueurs des deux dernières éditions, les Palanganas sont en en route pour un triplé aussi inédit qu’extraordinaire. Mais avant de fouler la pelouse de Bâle, théâtre de la finale le 18 mai, la case Shakhtar Donetsk est à franchir pour s’envoler vers la Suisse.

 

Poursuive les records

 

Conserver son titre de champion d’Europe, voilà l’un des grands rêves de chacun des mastodontes du football européen. A défaut d’être fidèle au même vainqueur deux années consécutives depuis l’A.C Milan (1989-90), la C1 peut pourtant prendre exemple sur sa petite sœur, la Ligue Europa. Depuis 2006, le F.C Séville est en effet parvenu à ravir le titre deux fois consécutivement. Jusque-là, rien d’inédit puisque le Barça (58-60 (pas d’édition 1959)), Valence (1962-3) et le Real Madrid (1985-6) avaient déjà réalisé telle performance au siècle précédent. Mais l’épopée des Andalous prend une toute autre tournure depuis deux ans. Sous les ordres d’Unai Emery, les Sévillans rééditent l’exploit en raflant deux nouveaux titres européens en 2014 et 2015, série en cours. Cette performance-là est inédite, d’autant qu’elle témoigne d’un sans-faute de la part des rouge et blanc, victorieux des quatre finales qu’ils ont disputé. Les voilà désormais en course pour un nouvel exploit, celui de remporter trois compétitions européennes d’affilée. Les espagnols rentreraient alors dans le cercle très fermé des équipes ayant réussi à rester trois ans sur le toit de l’Europe, performance uniquement réalisée en C1. Le Real (de 56 à 60), l’Ajax (de 71 à 73) et le Bayern (de 74 à 76) sont les exemples à suivre pour Séville. Après avoir vaincu Benfica en mai 2014 et au sortir d’une finale très fermée (0-0, 4 tab 2), les sévillans ont disposé des valeureux ukrainiens du Dnipro l’an dernier (3-2). Une victoire qui a permis au club de devenir, seul, le plus titré de la compétition avec quatre succès. Mais pas seulement. Comme l’atteste la mesure décidée par l’UEFA le 24 mai 2013, le vainqueur de la Ligue Europa est désormais qualifié pour la prochaine édition de la Ligue des Champions. Un nouveau chemin pour Séville.

 

La quête d’un potentiel troisième sacre en Ligue Europa a donc démarré par une pige en Champions League. Dans un groupe pour le moins relevé (Man. City, Juventus, Bor. M’Gladbach), les Andalous ont récolté six points pour un bilan de 2 victoires et 4 défaites. Suffisant pour terminer troisième, une unité devant les allemands, mais bien loin des anglais (12) et italien (11). Les norvégiens du FK Molde, surprenants leaders d’un des groupes les plus disputés de la phase de poule de C3 (Ajax, Fenerbahce, Celtic), ont été tirés en seizièmes pour le F.C Séville. Le boulot est fait à Sanchez-Pizjuan, et une victoire 3-0 dont ne se relèvera pas le club scandinave, seulement vainqueur 1-0 au retour. Au tour suivant, les Sévillans affrontent le F.C Bâle. Un tirage non moins compliqué puisque c’est au Parc Saint Jacques que se déroulera la finale de l’édition 2016. Mais pas de quoi perturber les partenaires de Kévin Gameiro, qui, après avoir ramené le 0-0 de Suisse, corrigent leur adversaire en Espagne avec un doublé de l’attaquant tricolore (3-0). En quart de finale, c’est un duel 100% espagnol qui met aux prises Bilbao et le F.C Séville. Invaincus au San Mames en coupe d’Europe cette saison, les Basques sont mis sur orbite par Aduriz. Mais Kolodziejczak et Iborra font tomber l’invincibilité de leur hôte et remportent la première manche. Une semaine plus tard, le sérial buteur basque récidive pour ouvrir le score mais est immédiatement imité par Gameiro à l’heure de jeu. Le second but de Raul Garcia envoie les deux équipes en prolongations, ce qui ne suffira pas à les départager. Tout en sérénité, l’ancien attaquant merlu qualifie son équipe en transformant le dernier tir au but décisif (1-2, 1-2, 5 t.a.b 4). Vendredi, le tirage au sort a livré les affiches des demi-finales de l’Europa League 2015-2016. Pour Séville, la course au triplé passera par un succès face… au Shakhtar.

 

 

Avant Bâle, le Shakhtar

 

A défaut d’avoir remporté quatre fois l’Europa League, les ukrainiens ont soulevé la C3 une fois, en 2009. Depuis, ils n’étaient plus parvenus à se hisser en demi-finale de coupe d’Europe. A l’instar de leur adversaire, la formation de Donetsk est d’abord passée par la case Champions League. Rapidement distancée dans un groupe tout aussi relevé que celui de Séville (Real Madrid, PSG, Malmö), elle a terminé à la troisième position grâce à un goal-average particulier favorable face au club suédois. Et tout comme les Andalous, le Shakhtar a rarement tremblé pour se défaire de ses adversaires en Ligue Europa. Tenus en échec par Schalke 04 dans la Lviv Arena (0-0), les orange et noir n’ont pas fait dans le détail en allant balayer les allemands à Gelsenkirchen (0-3). En huitièmes, les hommes de Lucescu ont de nouveau été contraints de recevoir en premier les mauves d’Anderlecht avant de se déplacer en Belgique. En théorie, un ordre désavantageux. Mais dans la pratique, l’indéboulonnable capitaine Darijo Srna et les siens ont logiquement écarté une formation bruxelloise très vite dépassée (3-1, 0-1). Le tirage au sort pour les quarts de finale a modifié les habitudes pour un Shakhtar qui a dû se déplacer à l’aller, à Braga. Solides en terre lusitanienne (1-2), « Les Mineurs » ont torpillé le quatrième de Liga Sagres en Ukraine, bien aidés par un Ferreira double buteur… contre son camp (4-0). A l’inverse du F.C Séville, le Shakhtar n’a donc pas perdu un seul match en Ligue Europa cette saison. Intraitable à l’extérieur, il sait également faire le show à domicile, lieu où se déroulera la première manche de cette demi-finale face à Séville.

 

Si ses matchs sont délocalisés à Lviv depuis les conflits qui ont éclaté à l’est de l’Ukraine, le Shakhtar ne semble pas plus perturbé. Depuis août 2015, le bilan à domicile est assez significatif. Quatre défaites (dont deux en Ligue des Champions), un match nul contre Schalke, et une ribambelle de succès, soit treize matchs. En championnat, le Shakhtar est sur une série de sept victoires consécutives durant laquelle il a inscrit 24 buts, soit une moyenne de 3 par matchs. Une forme étincelante, bien différente de celle des Sévillans hors de Sanchez-Pizjuan. Pour preuve, le F.C Séville est la seule équipe des cinq grands championnats européens (Liga, BPL, Ligue 1, Bundesliga, Série A) à ne s’être imposée aucune fois à l’extérieur en Liga. Les hommes d’Unai Emery doivent leur salut hors de leurs bases aux voyages réussis en Copa del Rey (3 victoires et un match nul). Exceptée cette compétition, les rouge et blanc affichent un inquiétant bilan en déplacement : 10 matchs nuls, 11 défaites et une seule victoire, celle décrochée la semaine dernière à San Mames… Les statistiques sont explicites et révèlent une forme bien distincte au moment de préparer ce match aller. Mais, comme toujours, la différence se fera sur le pré…

 

 

Sur le terrain, ce sera disputé

 

Parmi les duels qui animeront cette double confrontation, deux seront forcément à suivre de près. Les deux avants-centres, Kévin Gameiro pour les espagnols, Eduardo Da Silva pour les ukrainiens, livreront un combat acharné. Le premier est en train de réaliser une saison pleine, certainement la plus aboutie depuis qu’il porte la tunique andalouse. A tel point que le Barça est, dernièrement, venu taper à sa porte. Meilleur buteur sévillan en Liga avec 15 buts en 30 apparitions, le total s’élève à 24 unités sur les 47 rencontres auxquelles il a participé depuis le début de la saison. Il n’est pas moins efficace en Europa League où il est également le plus efficace de son équipe : avec 4 buts en 6 matchs de C3 sur les 9 inscrits par le F.C Séville, Gameiro est devenu un élément indispensable pour Unai Emery. La pression ? Il l’a renvoyée à ses chères études en transformant sereinement le pénalty de la gagne contre Bilbao jeudi soir. Mais son homologue est tout aussi redoutable. Tous les puristes se rappellent cette après-midi de février 2008. Alors sous l’écusson d’Arsenal, Eduardo Da Silva dispute un match de Premier League face à Birmingham. Il est victime d’un tacle de Taylor qui lui brise la cheville : l’image fait le tour du monde. Pas de quoi freiner le natif de Rio, qui, à défaut de s’imposer chez les Gunners, revient en force au Shakthar. Cette cinquième saison dans le club de la Donbass est aussi la plus réussie pour le numéro 9. Avec 9 réalisations en 15 matchs de Championnat, il est le meilleur scoreur de son équipe. A 33 ans, celui qui avait déclaré l’été dernier, au moment de retrouver ses ex-coéquipiers, « ne pas avoir attendu longtemps avant d’accepter la proposition du Shakhtar », rêve de remporter un premier titre européen.

 

Derrière la ligne de touche, deux personnalités vont aussi s’affronter. Honneur au plus âgé, Mircea Lucescu, entraîneur emblématique du Shakhtar Donetsk. Avant son arrivée en 2004, et depuis 1992, année d’ouverture du championnat ukrainien, le Shakhtar semblait être le dauphin éternel du Dynamo Kiev. Un seul sacre en 2002, venu mettre fin à 9 années de règne des joueurs de la capitale. Dès son arrivée, Lucescu ne tarde pas à briller. Onze ans plus tard, Donetsk compte 8 titres de champions d’Ukraine dont cinq successifs. Une série qui a pris fin l’an dernier avec le premier titre du Dynamo depuis 2009. Lucescu a aussi ramené 4 coupes et 7 supercoupes d’Ukraine, mais surtout une Coupe de l’UEFA en 2009. Cette épopée victorieuse couronne les choix du vétéran roumain. Il fait confiance à de jeunes talents brésiliens comme Fernandinho, Jadson ou Luiz Adriano. Le pari est réussi et emmène le Shakhtar sur le (petit) toit de l’Europe pour la première fois de son histoire. Plus jeune, le technicien espagnol à la mèche soigneusement coiffée est arrivé à Séville en janvier 2013. Après une pige ratée au Spartak Moscou, il réussit le doublé en Ligue Europa en 2014 et 2015. Emery installe les Andalous à la cinquième position d’une Liga de plus en plus disputée. Sa personnalité et son perfectionnisme en font l’idole de Sanchez-Pizjuan. Caractère électrique au penchant « Simeonesque » sur le bord du terrain, il inculque une combativité et une rigueur dont le groupe tire pleinement profit. Gameiro, Trémoulinas ou Krychowiak, ancien pensionnaires de Ligue 1 devenus pièces maitresses de la maison Andalouse, peuvent en témoigner…

 

 

Pour la troisième fois en autant de séances depuis deux ans, le F.C Séville a remporté la guerre des nerfs face à Bilbao. Qualifiés en demi-finales (aller jeudi 28, retour jeudi 5), les troupes d’Unai Emery peuvent rêver triple ration et détenir un nouveau record dans cette Europa League. Mais d’abord, les andalous doivent faire tomber un Shakhtar Donetsk bien décidé à s’envoler en Suisse pour ramener le trophée en Ukraine, sept ans plus tard. Si la case orange est franchie, c’est un Liverpool miraculé ou le sous-marin jaune Villareal que Séville défiera, le 18 mai au Parc Saint Jacques.

 

Quentin Marais

Photos: Gettyimages

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